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7.08.2011

9 août 2011

C’est très vite après mon arrivée au centre-ville a vélo que le ciel s’est couvert. Je l’avais à peine attaché au carré st-Louis et je déambulais en descendant la colline rue St-Denis pour venir à la grande bibliothèque et c’est tout le temps qu’il a fallu pour que de lourds nuages chargés de pluie et d’orages qu’ils nous annonçaient s’amoncellent, cachant le soleil. Il n’est pas 17 h. J’ai fait un arrêt aux toilettes pour me réhydrater, laver et changer de T-shirt. Je suis venu rapporter « LObsolescence…  » (Günther Anders) en retard de trois jours.
D’un carré l’autre. Je m’étais d’abord arrêté au square Athéna et comme je n’avais pas de carnet pour écrire j’en ai profité pour méditer, un peu plus avant, peut-être, au soleil ardent. Il a fait chaud, il va probablement pleuvoir. Méditation qui a roulé sur le nihilisme. Inévitable ? Quand il n’y a plus rien de sacré, oui : stade terminal. Nietzsche a-t-il raison d’en faire le principe épochal, au point de ne voir qu’une gradation sur la pente glissante, descendante, dégradation donc, entre toutes les croyances ? Les valeurs se dévaluent, pour en arriver à l’argent, l’équivalent général universel des échanges, vide, informe, inodore, simple numéraire élevé au rang de seul credo…
Pas étonnant que le monde aille si mal. Mais ce principe, en effet, d’un nihilisme achevé, domine globalement alors il ne permet pas le recours rétrograde au anciennes croyances. Ces sursauts du traditionalisme ne peuvent pas tenir devant la montée submersive de la modernité et sont en fait des sursauts d’agonie. D’autant plus violents, dans les divers terrorismes, que désespérés. Cadjehoun se méprend complètement sur la nature du nihilisme et prétend apporter une solution toute positive avec son ridicule, incroyable Allah. Il faut aller jusqu’au bout de la crise pour trouver de nouvelles croyances ou, mieux encore, une attitude plus ouverte, accueillante, affirmative et constructive face aux perspectives de la vie sur Terre et dans l’univers.
Méditation aussi sur l’écriture. Est-celle ce qui reste de sacré ? Est-elle même sacralisable ? La discipline d’attention en conscience, artistique, le yoga de l’écriture ? Ce qui est sacré c’est la possibilité qu’elle recèle de porter appui au pouvoir de se projeter, tendance qui lutte au sein des courants qui traversent ou enlisent l’esprit humain. Là, probablement, est la voie vers le divin, une voie d’évolution pour l’homme. Mais le chemin est encore très long ! Une vie généralement pèse ridiculement peu dans ce processus mais il y a des exceptions ! Et « l’heure élue peut beaucoup » comme l’a vu Hölderlin.
Au soleil, je fermais les yeux et jouai aussi au légume, absorbant l’énergie faute de sentir une plus subtile présence. Mais la maturation du génie ne se fait pas seulement en restant au soleil et il faut mettre plus de chances de mon côté, évitant les erreurs grossières.
Je connais tout cela de loin, et de trop près, c’est la pratique qu’il faut soigner. Je peux gagner des heures d’étude plus efficaces, fécondes, par une heure de vélo. Le métabolisme s’élève, la circulation s’active, les défenses se construisent, les toxines sont excrétées et le corps se repose pendant que l’esprit s’active, plus clair. La pratique des échecs est un tuteur de discipline et je peux bientôt regagner le contrôle de mon intérieur, logement et âme corporelle. Renforcer la quête de l’âme spirituelle est l’étape suivante ; accès au niveau supérieur. c’est ça qui est important, c’est la réponse individuelle au problème et voie de sortie du nihilisme.
Les Chinois sont-ils nihilistes ? Je n’ai pas l’impression. Le nihilisme, grand, incontournable problème, ne le serait que pour l’Occident, Sémites, Slaves, Caucasiens en tête. Les Chinois sont superstitieux, prudents, polythéistes, et amoureux de la vie, du présent, ils acceptent la mort et l’inévitable, mais ne mettent jamais en doute la valeur de la vie.
Le nihilisme est le grand cauchemar, typiquement occidental, aboutissement fatal d’une philosophie vouée à l’abstraction : métaphysique. L’essentialisme est la tare originelle de la tradition métaphysique occidentale. Le taoïsme est déjà beaucoup plus sage… Héraclite et Empédocle évitent aussi la fixation de l’essence.

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