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Perdus !

3 novembre 2010

Défaite

Oui, j’ai perdu. La défaite d’hier est une suffisante rebuffade pour Obama et il devra reconsidérer toute sa stratégie, pas seulement la tactique. Mais si je me suis planté sur ma prédiction à court terme, j’espère aussi me tromper dans ma prédiction à moyen terme. Dans l’intérêt de tous.

Mais tout de suite me viennent deux questions.

1) Qu’est-ce qui pourra empêcher la glissade de la société américaine sur la pente savonneuse du fascisme ?

2) Y a-t-il encore moyen d’enrayer le déclin de la puissance américaine ?

Pour le moment à la question #1 je réponds : je ne sais pas. Je ne vois pas ce qui pourrait empêcher la société américaine de s’enfoncer plus avant,
de s’engluer dans le fascisme le plus répugnant. Peut-être une guerre civile, si la gauche se réveille, et pour empêcher la guerre mondiale.

Mais voilà un scénario bien glauque.

Parce que le déclin semble inéluctable. Le déclin économique est inéluctable parce qu’il couronne et sanctionne un déclin moral, culturel, éthique et politique rampant depuis des décennies. Il est inéluctable à moyen terme aussi parce que les concurrents, notamment asiatiques et principalement la Chine, jouissent d’atouts que ne pourront pas être renversé de sitôt : main-d’œuvre relativement bon marché, contrôle du capital, cohésion sociale, meilleure éducation de base.

À moins, peut-être, d’une victoire militaire et toujours plus d’injustice à l’encontre de tous ses concurrents. Et cette victoire même serait extrêmement haïssable. Parce que la supériorité technique de l’appareil militaire demeure, pour un temps, avec ses sirènes tentatrices de l’aventurisme. L’escalade se poursuivrait vraisemblablement jusqu’au génocide nucléaire de plusieurs grandes nations. Une apocalypse globale, avec sévère régression de la civilisation n’est pas à exclure.

Quelle pitié, si l’on en vient là, alors que ce qui nous appelle c’est la route des étoiles. On ne peut pas espérer une aide extraterrestre pour nous sauver. Il faut trouver sur terre les ressources d’éviter le pire, en allant si possible vers le meilleur… Ce n’est pas une question de convaincre dans les débats, tâche déjà en soi impossible, mais de démontrer dans les résultats la vertu constructive d’une vision transcrite en grande politique. La grande politique est celle qui fera prendre conscience à l’humanité de son caractère par ses œuvres, de son être par son projet.

Maintenant dans ce contexte chaotique, dans ce climat de dépression économique, c’est le futur qui se joue et la clairvoyance d’une politique pourrait encore préparer une renaissance, toujours possible, et qui n’est pas à exclure. Parce que bientôt même la Chine frappera un mur. Partout il y a l’impasse écologique, avec en premier l’horizon climatique de 2030, environ, qui se fera sentir très fortement sur le territoire même de l’Empire du Milieu. Mais en plus, la Chine fera face à l’impasse démographique, et ce dès 2020. La politique de l’enfant unique, un moment nécessaire pour limiter l’accroissement de la population comporte en effet l’effet pervers d’inverser la pyramide des ages.

Les Américains pourraient dès maintenant travailler à se replacer pour rebondir et reprendre une bonne partie du terrain perdu, économiquement et symboliquement dans le leadership des nations, dès que leurs concurrents commenceront à traîner de la patte. Obama pourrait le faire. Pas les Républicains. La politique réactive a fait son temps. Les vieux lézards, pétroliers, banquiers, devront se recycler.

Hier j’avais écrit, dans mon autre blog « Chroniques Obamiennes » :

mardi 2 novembre 2010

élection de mi-mandat — pronostic (ou pari!)

Je l’avoue, je suis un peu joueur. Je parie que le résultat de l’élection de ce soir sera moins pire que ne l’annoncent les sondages. Je sais bien que c’est aventureux de se prononcer juste quelques heures avant le début de réception des résultats et je suis prêt à me rétracter dès demain. Mais j’ai l’impression que les récents cris du cœur d’Obama, la politique opportuniste des colis suspects orchestrés du Yémen, soi-disant… la machine électorale démocrate qui va réussir à faire sortir le vote, surtout en réaction au Tea Party qui fait vraiment figure d’épouvantail et à plus forte raison juste après Halloween… tout cela va motiver la partie sensible de l’électorat pour sauver ce qu’ils peuvent encore de l’espoir mis en des réformes difficiles mais néanmoins nécessaires…

Ceci dit, les Américains sont sonnés. Ils ne comprennent pas ce qui leur arrive. Complètement soumis aux effets de la société du spectacle ils n’ont  pratiquement aucune éducation solide ni maturité politique. C’est un peuple globalement presque complètement infantile. Tout à coup privé de ses jouets et bonbons habituels, le bébé pleure, hurle, en perd le sommeil, se tortille de rage dans son ber.

En proie aux émotions instillées grossièrement par la politique-spectacle, ils semblent tout à fait incapables de réfléchir. Victimes de l’illusion monétaire, habitués à profiter du travail de toute la planète et de vivre au-dessus de leurs moyens par la vertu douteuse d’un système financier international foncièrement injuste et qui est en train de changer… en s’écroulant, comme il se doit, parce qu’aucun empire ploutocratique n’a jamais dans l’histoire cédé sa place de bon cœur, hésitant encore pour la plupart dans la détresse entre la peur et la stupeur, ils vont bientôt se  laisser tenter par la violence aveugle, ou par la radicalisation de l’action. Mais rien n’est en place pour apprendre sur le tard, sur le tas, avec retard, les mécanismes subtils de la lutte des classes.

Entre le fascisme sadique et le victimisme masochiste (puisqu’il n’y a pratiquement plus de gauche américaine), comme entre le marteau et l’enclume, même le meilleur Obama du monde ne pourra pas empêcher le  choc. La massue est en marche, l’énergie cinétique énorme et l’énergie potentielle encore plus. Beaucoup de la dite « classe moyenne » seront écrabouillés. Le niveau de vie va chuter globalement –sauf pour les super riches, comptes en Suisse et tout… Le peuple américain va subir à peu près l’équivalent de ce qu’a subi, naguère le peuple Russe.

Quelles seraient les solutions ? Y a-t-il des solutions ? Un Empire s’effondre. L’Empire Chinois prendra sa place… cela peut se faire plus ou moins en douceur… ou dans la guerre. Si le fascisme l’emporte, cela sera la guerre. Voilà l’enjeu réel des élections actuelles, incluant la prochaine présidentielle dans deux ans.

Si Obama perd beaucoup de terrain ce soir, il sera peut-être bien avisé, la situation ne pouvant que s’aggraver dans cette situation de blocage politique, empêchant de faire face aux développements encore à venir de la crise économique, de ne pas se présenter pour un renouvellement de son mandat. Passer son tour pour laisser la place à la Clinton à l’investiture démocrate. Qu’elle ou que le républicain gagne, il pourra toujours se représenter par la suite s’il veut continuer de jouer au sauveur. Sinon, il pourra toujours prendre sa retraite et se faire engager comme conseiller en Chine. S’il brûle alors, dans deux ans, sa dernière cartouche, il s’en va droit dans le mur : assassiné ou non, il ne pourra empêcher la guerre civile.

Derniers commentaires : Okay, ça a l’air bien pessimiste tout ça, bien sévère toutes ces spéculations et j’ai l’air d’amener des idées en perspectives extrêmes. Mais il faut tout de même admettre que les problèmes sont sérieux et bien réels! Et il y a de l’espoir, si on discerne à temps les impasses, si on fait autrement.

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