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La Fête de L’Action de Grâce — Canadian Thanksgiving

15 octobre 2010

ciel de Québec

La fête de l’Action de Grâce — Canadian Thanksgiving


J’entends les sirènes qui hululent à l’intérieur de mon crane. C’est fatiguant quand j’y prête attention mais la plupart du temps de les ignore. Lorsque je peux écouter de la musique ou me concentrer sur les bruits du dehors, ça va tout seul. Je ne ressens pas cette incessante pression intérieure comme un problème. Mais lorsque je suis plus fatigué, ou déprimé parce que seul, sans énergie, mécontent de moi mais néanmoins replié sur moi-même, en quelque sorte par la force des choses, ce double hululement, un distinct pour chaque oreille, tenant un note légèrement différente, avec une nette dominante pour l’oreille droite (son mi-bémol bien net, oscillant sur une courte période [un peu moins d’une seconde] — un son pratiquement constant donc avec ce léger vacillement — est une vivante image en fait de mon enfer particulier, celui que je retrouve à volonté, et même sans… et c’est moins drôle toujours, là, disponible, en attente, dans mon for intérieur. Cela se joue dans ma tête, déjà tout un drame résumant celui de l’univers.


Il est difficile d’avoir raison quand on travaille pas. Je l’ai vérifié encore en fin de semaine où je suis allé en vacance avec mes amis pour le long congé de la Fête de l’Action de Grâce, comme on appelle ici la Thanksgiving canadienne. Encore à flanc du Mont Sutton, nous logions au condominium du jeune frère de Daniel Benson. Celui qui ne travaille pas, qui n’apporte pas sa juste contribution à la société, a un peu moins voix au chapitre que les autres. Je le comprends et cela me semble un peu normal… même si j’aurais bien envie d’expliquer quelques circonstances atténuantes. Dans « mon cas »… parce que je suis un cas ? Probablement oui, et passablement étonnant pour bien du monde, qui ne me connaît pas. Déjà plusieurs personnes qui me connaissent ont bien du mal à passer outre leurs préjugés. Il est à présumer que bien des personnes que je ne connais pas auraient bien du mal à me comprendre et il s’en trouverait assez peu sur ce nombre à m’approuver, je crois, et ce, même s’il m’étais donné la chance de m’expliquer. Je suis peut-être injustifiable.


La fête de l’Action de Grâce, la Thanksgiving canadienne, arrive quelques semaines avant la fête équivalente Étasunienne (L’Amérique ne leur appartient pas encore toute entière : jusqu’à preuve du contraire, ils doivent la partager avec les Canadiens et les Mexicains ! Par exemple: je suis un Américain francophone, un Québécois! Les Mexicains sont des Américains hispanophones.). La première tombe régulièrement chaque deuxième lundi d’octobre, alors que l’autre arrive tout aussi régulièrement chaque quatrième jeudi de novembre. Je trouve que le nom français de cette fête dit mieux encore de quoi il s’agit. Rien de moins que de rendre grâce à Dieu, pour les récoltes rentrées, abondantes encore cette années, pour l’or et la paille qui couvre les champs, les couleurs qui se jouent des arbres dans les forets, pour remercier le Créateur de tous ses bienfaits.


(Ajout du 1er novembre 2010)
Cela va plutôt mal pour nos voisins du sud. La classe moyenne se sent menacée de disparaître, Obama déçoit parce qu’il n’arrive pas à réaliser les réformes radicales qu’il faudrait pour rééquilibrer un système viable sur ses rails. La droite hystérique l’accuse de marxisme, d’athéisme, d’être un maléfique zombie mangeur de cadavres… il fait fureur dans les déguisements d’Halloween ; pendant ce temps, la gauche fantomatique n’arrive plus même à voir son ombre… nous sommes pourtant aux antipodes du jour de la marmotte. L’histoire européenne au vingtième siècle a montré déjà ce qui arrive quand la classe petite-bourgeoise, qui sert de tampon entre le capital et le travail, est malmenée au point de presque disparaître… La lutte des classes s’exacerbe et se déroule sous la forme d’un affrontement à mort entre les différentes moutures nationales du fascisme et du socialisme. Quand le fascisme triomphe dans suffisamment de pays, la fuite en avant se poursuit dans une guerre qui a tendance à devenir mondiale. C’est ainsi que l’oligarchie financière, plutôt que de rééquilibrer les rapports de forces dans le régime capitaliste par la redistributions des revenus de l’exploitation du travail, produit la destruction suffisante pour relancer les investissements nécessaires lors de la reconstruction… C’est la voie tracée par la guerre et par le sang, plutôt que par les négociations et les réformes. Par manque d’ennemis, le capitalisme s’en prend à lui-même. Face à la crise écologique, encore plus profonde que n’importe quelle crise seulement économique, il faut un état mondial imposant partout des normes socialistes. Tant que nous n’y arrivons pas, l’humanité devra beaucoup souffrir.
Puis, en ces basses époques du nihilisme millénaire, il manque plus que jamais cruellement un but transcendant qui permettrait à l’humanité de prendre pleinement conscience d’elle-même, de ses forces, de son désir et vouloir-vivre, son être intime et objectif en son sens défini par son projet. Survivre ne suffit pas, nettoyer le fond de poubelle que devient la terre, le fond des océans même, la volonté de puissance mouline à vide: il faut l’appel des étoiles.

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