Skip to content

How to understand Chinese psuchè ?

21 décembre 2009
Maybe this is not possible for a westerner, even in touch with Taoist and Buddhist traditions. [Here I transfer earlier writing from blog named "Naissances latentes", entry from last week, yes in my French, language I love.]

Huo Datong –La Chine sur le divan

Avant rendre ce livre à la bibliothèque, je veux noter les idées à retenir de ce psychanalyste pratiquant. Il était resté à Chengdu lors de la Révolution (en fait anti-)culturelle et a eu accès à la bibliothèque réservée aux cadres du Parti, tout jeune.

Après l’échec de la Révolution Culturelle, il estime que la Chine avait "tout perdu". Il fallait reconstruire mais cela donnait la possiblité de choisir une nouvelle orientation. Il pratique à l’Université du Sichuan, à Chengdu.

Les Chinois, en surface, semblent avoir beaucoup en commun avec les Occidentaux. Les différences sont subtiles mais néanmoins importantes. Ils sont faits différemment, et profondément. Portés par une longue tradition culturelle et mis au monde dans un clan (famille élargie, coexistant sur trois générations), ils surestiment moins la conscience individuelle et se confient à la solidité du groupe. Collaboration et coopération plus que réalisation personnelle. Faire sa part, réussir pour la famille, oui. Réalisation du grand Ego d’artiste : très rarement.

Leur inconscient est structuré en famille, mais le rapport de filiation (par le père) semble primer sur la relation maternelle. L’accent est mis plus sur la transmission culturelle que sur la sexualité.

Pruderie et grande méconnaissance du sexe (coupure avec les riches traditions littéraires, populaires, taoïste, depuis 1949), mais pas de répression traumatique, psycho-personnelle. La culpabilité est plutôt liée à l’image sociale : l’obligation de ne pas perdre la face, de ne pas prêter flanc aux soupcons, de ne pas donner prise aux ragots. Les Chinois sont naturellement modestes, individuellement (mais c’est une seconde nature, acquise bien sûr, par la pression continuelle du touffu groupe social).

Les enfants dorment souvent dans le même lit que les parents, prennent très tôt plus ou moins conscience des rapports sexuels. Les parents sont discrets et tentent de ne pas éveiller l’enfant… Vies étriquées, nous sommes bien loin de l’exubérance érotique des Italiens ou des Français, par exemple, pour ne pas parler de l’exhibitionnisme américain. La joie de vivre doit trouver d’autres chemins que celui du sexe. Le refoulement en n’est que plus diffus, honteux… Ils refoulent même leurs fantasmes !!! Je ne sais pas si c’est grave.

Mais c’est peut-être moins traumatique : pas de grande scène originaire. La psychée n’st pas cristallisée autour des blessures narcissiques ou oedipiennes. Attention au retour du refoulé cependant. Grand potentiel de cruauté et d’explosion de violence lorsque la libido ne trouve pas de chemin libre vers une forme plaisante de satisfaction.

Pas de culpabilité liée à la castration de type judéo-chrétien, mais plutôt liée au succès matériel et à la reproduction : la famille prime tout et il faut s’assurer d’une descendance (mâle, de préférence). Si on ne fait pas avancer le clan, si on n’a pas de descendance, on a manqué sa vie, malgré toute autre réussite et il en résulte une grande amertume.

<blockquote>Mais tout le monde ne peut pas avoir suivi les préceptes confucianistes. Ainsi, le fait de ne pas avoir eu de garçon reste comme une marque indélébile pour la personne concernée. Il ressentira un très fort sentment d’échec : "J’ai raté ma vie." La morale dominante du peuple ne peut s’imposer à tous. Afin d’éviter une totale malédiction, on trouve alors une issue salutaire dans la pratique du bouddhisme et du taoïsme.
La philosophie bouddhiste appelle à un détachement de toute souffrance comme de tous les bonheurs. Loin des émotions humaines, vous acceptez la fatalité de la vie et de son triste quotidien. Vos aspirations dépassent les contingences terrestres. Hors du monde, la mort n’inquiète pas, elle s’insère dans un cycle infini. L’approche taoïste vise à trouver l’équilibre et l’harmonie en soi à travers la maîtrise de son corps. En poussant la logique jusqu’ua bout, le taoïsme vous mène à la "vie éternelle". Cette démarche n’a jamais cessé de hanter tous les empereurs de la Chine depuis les origines. Le premier d’entre eux avait envoyé des missions au-delà des mers afin de rapporter l’élixir de vie. Les maîtres du tao ont toujours joué un rôle très important auprès de la Cour impériale et des mandarins. Leur connaissance de la médecine chinoise, des herbes, des animaux, les rendait indispensables. Ils préconisaient des exercices de respiration spécifiques afin de préserver sa santé et un bon équilibre physique. au coeur de ces enseignements, on retrouve des pratiques sexuelles destinées à prolonger sa jeunesse, préserver son énergie positive, se maintenir en "harmonie".
Il s’agit bien sûr de l’esprit chinois à l’état pur. De nombreux manuels de sexualité existent depuis des siècles dans les bibliothèques des mandarins et des lettrés. On y trouve là aussi une des justifications de la polygamie. Faire souvent l’amour et avec justesse vous remplit de l’énergie de l’autre sans perdre la vôtre. Les moines taoïstes parlent d’un échange d’énergie entre l’homme et la femme. Si un homme ne fait que prendre l’énergie de la femme, le résultat ne donne rien de bon pour les deux. En ce sens, aller dans une maison de prostituées ne contribue pas à un meilleur bien-être. Le taoïsme a énormément contribué à la médecine chinoise depuis trois mille ans. De nombreux traités existent et traitent de toutes les parties du corps, organes sexuels inclus. La sexualité entre dans le catégorie des activités saines pour le corps dans la pensée chinoise.</blockquote>

Mais en Chine aussi, à cause de l’ouverture sur le monde et d’une tendance à l’occidentalisation dans la vie pratique, le patriarcat bat en retraite. Confusion des genres, avec la politique de l’enfant unique : tendance unisexe. Le garçon ou la fille ont tendance à chercher une position moyenne entre les attentes contrastées des deux parents.

Peur du miroir, peur de la mort, fondamentale. L’importance du nom, déterminant des habitudes et pesant sur le destin personnel comme pression du désir parental. Naissant dans le Sichuan, province surtout paysanne, la psychanalyse chinoise est très en retard sur l’ébullition culturelle qui se produit dans les villes, affectant profondément les styles de vie et l’humeur, les névroses et conflits psychiques encore non répertoriés. Tout est à faire… si…

L’"enfant empereur" vit une crise déjà au jardin d’enfant, agravée au moment de l’entrée au collège par la pression du succès à tout prix. L’homosexualité est très mal vécue, car toujours taboue. Certains cercles s’émancipent dans les grandes ville où le pouvoir tolère.

Les Chinois (Han) sont très racistes. Ils ont toute un hiérarchie en tête, mais ils sont très tolérants… quand ils sont les plus forts ! Il faut craindre à l’avenir de se retrouver en travers de leur route. Il faudra plutôt trouver des manières habiles de "faire avec"…

<blockquote>…je comprends que la dimension démesurée de la Chine puisse effrayer. Par rapport à notre population, l’Occident se sent minuscule. Les privilégiés issus de la révolution industrielle en Europe déclinent. Les usines ferment en Europe et aux États-Unis. Vous êtes aussi en train de vivre une mutation historique sans équivalent. Vous vivez la fin d’une époque, la fin d’un cycle, et le déséquilibre que cela provoque touche au narcissisme occidental. De la même façon que les bateaux et les canons anglais ont blessé le narcissisme chinois. C’est pourquoi je peux comprendre vos douleurs.
Dans le même temps, la Chine veut être respectée à sa juste valeur. Le monde va devoir accepter un déplacement du "centre" vital — l’Occident — vers la Chine. Ce n’est pas la fin du monde. L’Occident n’est pas en train de mourir. Nous aussi, en 1846, au début des guerres de l’opium, nous avons imaginé que c’était la fin de notre histoire. Nous n’avons pas succombé. Les caractères chinois n’ont pas été remplacés par l’alphabet latin… L’histoire chinoise a subi des secousses mais a toujours survécu.</blockquote>

La question est de savoir s’il faut s’en plaindre ou s’en réjouir. Je demande à voir et je demeure sur la brèche pour la poursuite de longues études…

Corruption, jeu, dépendances : les Chinois n’ont pas intériorisé la loi. La limite est toujours floue entre le licite et l’illicite. Tempéramment de joueur, ici. On va essayer un peu, tester les limites. Approche pragmatique. Cela justifie peut-être la méthode répressive dure. Seule la peur fait reculer le joueur pragmatique !

Il me semble qu’actuellement pour la Chine, les États-Unis déclinants sont un fabuleux partenaire d’entraînement… au grand sport de la domination mondiale ! Je leur souhaite bien du plaisir !

Éric Fantasio

Publicités
No comments yet

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :