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Sensualité

4 décembre 2009
Je suis… existant… dans un corps, non pas d’abord matériel mais vivant !

(La matière n’est pas la vie, puisqu’il y a surtout de la matière inanimée. C’est ce qu’oublient toujours –c’est élémentaire pourtant!–, nos matérialistes…, qui calculent toujours l’économie pour remplacer la nature. Ils tuent la vie en eux et, très contagieux, s’en font même gloire, de tuer comme on respire…)

Vivant ! C’est-à-dire 1) sensitif, 2) sensible, 3) sensuel. Conscient, sentant, pensant… Pour autant que je me souvienne je me suis toujours senti exacerbé de tous les appétits. J’aime manger, j’aime boire. Plus jeune j’aimais courrir, forcer, me dépenser.. mais pas toujours parce que jouisseur je suis, malheureusement, ma chère Yezi, de nature paresseuse. J’aime toujours faire l’exercice de ma force, lorsque je la sens présente, voulant s’exprimer, et dans le domaine physique ou intellectuel.

Actuellement, et depuis des années, c’est le sens du toucher qui chez moi se fait plus criant d’insatisfaction!, et c’est lui qui réclame le plus la stimulation, renouvelée, du plaisir.

Ce soir, je bois, ma chère Yezi, seul, dans mon appartement dévasté, et qui empeste, et qui m’empoisonne sans doute un peu, parce que je suis revenu un peu tôt de la bibliothèque du quartier, parce que j’avais faim, parce que j’avais soif… aussi parce que l’exterminateur a eu la main lourde, trouvant ici à son goût un nid d’infestation.

–Quand j’aurai le temps je traduirai en anglais, mais pour ce soir, ma belle philosophe, je me laisse aller dans ma langue. Merci ! Merci, j’espère, de bien vouloir l’apprendre, en son temps et lieu, merci ma belle, mon guru, ma maîtresse. Merci pour nous, merci pour la chance encore, d’enfin rencontrer l’amour, mais celui-là de première magnitude, comme on le dit des étoiles. L’Amour, donc, avec un grand "A"…

Merci de me redonner la vie dans le sens de sentir et penser que tout est possible, que tout redevient possible, à nouveau, quand de vieilles blessures guérissent peut-être plus vite réchauffées enfin aux feux de l’attente, de l’espoir, de l’appétit pour la Vie de l’amour retrouvé. Merci mon Amour d’Être, d’exister, de me permettre ainsi par ta gracieuse communication, d’être, enfin et à nouveau complet, dans l’enfantement nouveau des oeuvres du désir.

Oui, mon amour, je veux apprendre ta langue, oubliant combien elle est difficile. Oui, mon amour je veux embrasser toute ta culture, pour laquelle tu peux bien être si fière, en étant un des plus beaux fleurons !

Oui, mon amour, je veux cerner ton corps, de mes attentes ardentes, de mes assiduités tendres, de ma quête incessante d’un baiser ! Oui, mon amour. quand je pense à toi je pleure, parce que je voudrais te tenir dans mes bras.

Je veux vivre et grandir dans l’amour de toi, comme une plante au soleil !

Je suis un saurien, une sorte de crocodile dans le marécage de mon désir !

Je suis un Lion dans la savane de notre tendresse, ma gazelle !

Je suis la bête féroce dont tout le monde a peur, mais que tu as toujours déjà apprivoisée.

Je suis le chien qui vient manger dans ta main… Je suis l’espoir d’un jour nouveau dont je rêve depuis longtemps ! Et c’est ainsi, ma belle, Sybile, sorcière, philosophe, Pythie sobre et qui toujours dit vrai, Peitho, déesse grecque des vérités qui s’énoncent…

Mais aussi beaucoup plus que cela et de tout ce que je veux découvrir, ce nouveau continent pour moi d’une riche, immense et puissante culture ! Tu es poète, ma belle ! Et créatrice et subtile, dans l’expression de ta culture supérieure !

Pardonne-moi, mon amour et dans ma langue maternelle, mais c’est la manière que j’ai trouvée, ce soir, et la seule, de participer à tes plaisirs, de l’ivresse des sens à l’ivresse des mots.

Je bois, et l’ivresse des mots coule par mes doigts.

J’ai conscience en toi d’embrasser tout un continent et le plus vaste d’ailleurs des terres émergées, la plus forte pousse de vie de cette fière humanité. Je pars à la conquête d’une langue troublante d’abord et l’écriture dans la forêt inconsciente des milliers de caractères.

Plus qu’un défi pour l’intelligence, une provocation pour créer !

Je t’aime et tremble, ma belle, ma conjointe, une femme… ma femme! Et je sens que tu es une femme, étonnante, sensible, puissante et plus qu’une femme ! Aussi que tu n’es pas une femme mais un être, excellent et complet, que je prends pour cible, proie pourchassée de tous mes désirs, objet magnifique de toutes mes attentions… Mais une femme aussi que je prends pour modèle de toute l’humanité, et je tremble un instant, avant l’accomplissement, un peu comme un dieu avant de créer l’univers.

Je te promets que quand je boirai avec toi, je boirai moins, je boirai toi, ta liqueur de désir… mais ce soir je bois, et le plus que je peux… cela n’est pas beaucoup, rassure-toi. C’est encore la seule manière que j’ai trouvée, faiblement, de me sentir avec toi : libre, vibrante, rayonnante ! Tu as le monde à tes pieds, dans la fête, ils veulent tous te toucher… et moi aussi, là-dessus, je suis comme eux. Nous t’aimons, nous tous, pauvres bêtes, hommes de sexe masculin… Et traite nous durement, pour nous chasser… Voilà ce qu’ils méritent ! …

L’ivresse des mots me coule par les doigts
c’est l’idée que j’ai eue, ce soir
d’être un peu avec toi

devoted Jacques

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